Mercredi 16 septembre 2009
Le travail sur les émotions et les expressions du visage se poursuit toujours. Malgré
quelques erreurs, Alexandre associe de mieux en mieux des expressions du visage semblables sur des images différentes (content, triste, en colère, peur, surpris...). Les images sont assez
diversifiées dans le kit des émotions (on le trouve sur Hop'Toys : ICI), je m'en sers beaucoup.
Je travaille aussi la compréhension des mots désignant les émotions. J'aligne 3 images sur la
table et je lui demande par exemple de me donner "content".
Je ne lui propose que les 3 émotions de base (content, triste, en colère). Quand il
maîtrisera bien ces émotions, j'ajouterai une par une les autres émotions.
Quand Alexandre saura bien reconnaître les émotions, on travaillera sur la cause des
émotions, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour cela. Ce travail est très important chez les autistes pour développer l'empathie et savoir comment réagir en toutes
circonstances.
Par Magalie
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Alexandre aime beaucoup travailler, et pourtant ce n'était pas le cas il n'y a pas si
longtemps déjà. Quand nous avons commencé sa prise en charge en ABA, Alexandre ne s'intéressait à pas grand
chose, ne restait pas assis à table plus de 2 minutes, il était même impossible de lui faire faire des activités sur table sans qu'il ne détériore le matériel. Et oui, je préfère le rappeler car
les progrès ne sont pas arrivés comme ça, par hasard.
Nous avons travaillé en priorité la coopération, c'est-à-dire apprendre à Alexandre à faire ce qui lui est demandé. Les consignes au départ étaient très simples, les activités ne duraient pas
plus d'une minute (pour ne pas dire 30 secondes), et on utilisait systématiquement des renforçateurs très puissants (principalement des dessins animés car il n'y a que ça qui l'intéressait
vraiment) pour valoriser son bon comportement. Au bout de 2 mois, il a commencé à coopérer, les renforçateurs ont vraiment eu un rôle très important.
Après la coopération, nous avons ensuite travaillé le contact visuel, puis l'imitation non verbale. C'est d'ailleurs un travail qui se poursuit encore aujourd'hui.
La durée des activités a progressivement augmenté et les renforçateurs ont progressivement diminué.
Aujourd'hui, je n'utilise plus du tout de renforçateurs pour les activités sur table (entre 1 et 2h par jour) car travailler est devenu un réel plaisir pour Alexandre. Il accepte de venir
travailler sur simple demande et fait les activités proposées. Cela nous permet de favoriser maintenant les apprentissages et de travailler tous les troubles liés à l'autisme.
Les renforçateurs sont quand même toujours nécessaires, mais plutôt pour l'apprentissage de l'autonomie personnelle.
Chaque enfant est différent, il en est de même pour chaque enfant autiste. Chaque programme doit donc être adapté aux besoins particuliers de chacun car ce qui marche pour l'un ne va pas
forcément marcher pour l'autre.
Par Magalie
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J'ai déjà parlé des activités que je propose à Alexandre pour travailler sur les émotions et
les expressions du visage (Voir Les expressions du
visage (1)).
J'ai découvert grâce à Elise (la maman de Clémence), qui en avait parlé sur son blog, et surtout grâce à Karine (la maman de Mathéo), le livre L'esprit des autres de Marc Monfort et Isabelle
Monfort Juarez. Je trouve ce livre vraiment très bien, mais Alexandre est encore trop jeune pour que nous puissions l'exploiter.
Les jeunes autistes ont fréquemment des difficultés pragmatiques dans la compréhension et l'usage du langage. Qu'est-ce que cela veut
dire ? Notre société a développé un ensemble de règles qui régissent la communication, qu'elle soit verbale ou non-verbale : ce sont les gestes, les regards, les formules de politesse, les
euphémismes, l'ironie, etc. L'enfant apprend ces règles peu à peu au contact des gens qui l'entourent, cela lui donne des repères sociaux. L'enfant autiste lui a bien souvent des difficultés pour
comprendre toutes ces règles, liées aux difficultés d'interagir affectivement avec l'entourage et à développer une théorie de l'esprit efficace. On parle alors de difficultés
pragmatiques.
Les auteurs du livre proposent donc de développer ces habiletés pragmatiques, avec des activités comme l'interprétation des
émotions, des gestes et des expressions faciales, l'interprétation de situations en fonction du contexte, l'ajustement de l'information au contexte, etc. Le livre propose 79 fiches composées de
dessins et de questions types pour travailler la compréhension et/ou l'expression de certaines habiletés dans des situations représentées.
Comme je le disais, Alexandre est trop jeune pour que nous puissions exploiter efficacement ce livre. Il manque aussi de
mâturité. Cependant, j'explore quelques pistes de travail et je poursuis le travail sur les émotions et expressions du visage. J'utilise les dessins de la fiche 1 pour travailler sur les émotions
essentielles : content, triste, en colère/fâché, surpris, effrayé/peur, fatigué.
Je continue à utiliser les images du jeu Jeux de visages de Nathan.
J'utilise aussi des images variées de visages avec des expressions
différentes.
Je les propose par 2 ou 3 à Alexandre et je lui fais associer les expressions
identiques.
Ici par exemple, je pose quelques images sur la table et je lui demande de retrouver l'enfant triste.
Toutes ces activités ne sont pas évidentes pour Alexandre, cela lui demande beaucoup d'efforts. C'est important d'y aller progressivement, en commençant par 2 expressions, puis 3, etc.
Je continue aussi à utiliser le support que j'avais fabriqué pour aider Alexandre à reconnaître ses propres émotions (Voir Les émotions et expressions faciales).
Par Magalie
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