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Langage oral

Dimanche 18 octobre 2009
Voici un jeu que je propose à Alexandre en dehors de nos séances de travail sur table : Leximo de Ravensburger.
               
Il suffit d'insérer l'une des cartes dans la fente de l'appareil et d'appuyer sur l'un des 3 boutons (rouge, jaune ou vert) pour découvrir les objets.
En appuyant sur le bouton question "?", l'appareil demande soit de trouver l'un des 3 objets, soit de trouver l'objet correspondant au son entendu. Pour répondre, il suffit donc d'appuyer sur l'un des 3 boutons.

J'ai mis du temps à apprendre le fonctionnement du jeu à Alexandre mais j'y parviens enfin. Sur les 8 cartes recto-verso, il sait maintenant répondre à toutes les questions de 2 rectos.
Sur demande de l'appareil, il sait donc reconnaître la cuillère, l'assiette, le verre, la brosse à dent, le savon, la serviette, ainsi que le bruit du brossage de dents ! Nous continuons donc à manipuler ce jeu avec les autres cartes.

Ce jeu est bilingue, on peut donc l'utiliser avec des plus grands en mode anglais.
Par Magalie
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Mardi 6 octobre 2009
Alexandre va 2 fois par semaine chez l'orthophoniste. Il aime beaucoup y aller. Son orthophoniste a l'habitude de travailler avec des autistes et utilise le PECS et le Makaton.
Le voici aujourd'hui attendant sagement dans la salle d'attente.

L'orthophoniste lui propose des activités variées à chaque séance. Les progrès sont présents au niveau du regard, de l'attention conjointe et du langage réceptif. Je sens que l'envie de communiquer est là aussi mais Alexandre ne sait pas encore imiter les sons. Quand je vois tous les progrès réalisés dans d'autres domaines, cela me peine énormément.
Depuis peu, il se met à bouger les lèvres pour imiter les sons. Peut-être un début...
Nous avons commencé à travailler les praxies bucco-faciales. J'espère que tout ce travail portera bientôt ses fruits car l'absence de langage ralentit considérablement certains apprentissages.
Par Magalie
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Mercredi 24 juin 2009
Une grande partie de mon travail actuel avec Alexandre concerne le langage réceptif. Alexandre reçoit tous les jours des consignes verbales pour la vie quotidienne. Les consignes sont donc chaque jour répétées et avec le temps il les intègre bien. Il donne de plus en plus de sens aux mots mais cela reste dans leur contexte. Je travaille donc davantage la compréhension des noms lors d'activités sur table.
J'utilise pour cela principalement l'imagier Hatier.


Je ne lui propose que des images d'objets qu'il connaît très bien, dont il a l'habitude d'entendre les noms dans la vie de tous les jours. Les thèmes abordés sont donc principalement les aliments, les vêtements, les principales parties du corps, les jouets, les objets ménagers.
Je place 2 images ou plus sur la table (c'est fonction du niveau de difficulté pour Alexandre) et je lui demande "Donne-moi X". S'il ne sait pas, je lui pointe du doigt la bonne réponse, et je reformule ma demande. Alexandre maîtrise mieux ce type d'activité.
Pour compliquer les consignes, je lui demande par exemple "Donne-moi les aliments que tu aimes manger" ou "Donne-moi les vêtements que tu mets pour t'habiller" et je lui nomme les images qu'il me donne. Quand il se trompe, je formule oralement son erreur "Alexandre, es-tu sûr que tu manges le verre ? Le verre sert à boire, tu ne peux pas le manger." En général, mes explications le font beaucoup sourire.
Ce type d'activité n'est quand même pas facile pour lui, mais je dois reconnaître qu'il accepte davantage de se prêter au jeu. Il y a de plus en plus d'échanges entre nous, et c'est ce que je souhaite renforcer pour favoriser la communication.
Par Magalie
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Mercredi 21 janvier 2009
La compréhension du langage est un des domaines de compétences dans lequel Alexandre a le plus de difficultés. Il ne parle pas du tout, alors je travaille le langage réceptif (la compréhension du langage) en espérant que cela favorisera le langage expressif (le langage parlé).
Je lui fais beaucoup travailler la compréhension des mots par des petits exercices en lui demandant de me montrer des objets que je lui nomme (Voir Compréhension du langage (1)). Ces exercices sont indispensables, mais il ne suffisent pas à améliorer la compréhension du langage.

Voici un livre qui explique clairement les différentes phases dans la compréhension du langage et dans le langage parlé et qui donne de nombreux éléments pour stimuler l'enfant : Moi, j'apprends en parlant de Rosine Des Chênes.
Chap 1 : Le langage - Les différentes facettes
Chap 2 : La compréhension - Les phases de développement et leurs caractéristiques
Chap 3 : Le langage parlé - Les phases de développement et leurs caractéristiques
Chap 4 : La stimulation du langage - Des jeux et des activités
Chap 5 : Les problèmes de langage - Un aperçu

Je vais donc parler de ce qui me concerne : la compréhension du langage chez l'enfant non verbal ou avec un début d'acquisition du langage.
Dans l'acquisition du langage, la compréhension précède l'expression. La compréhension du langage est donc indispensable pour favoriser l'émergence du langage parlé. C'est pendant cette phase qu'un enfant "normal" va consolider son désir de communiquer. Chez l'enfant autiste il faut donc développer ce désir de communiquer :
- en mettant des mots sur ses gestes : le langage gestuel est une forme de communication. A nous de lui montrer que nous percevons ce qu'il veut nous dire en reformulant verbalement ce qu'il nous dit avec son corps.
- en utilisant un langage clair et simple : il faut faire des phrases courtes et mettre de l'intonation sur les mots importants pour favoriser leur compréhension. Il faut aussi laisser le temps de les assimiler et le répertoire des mots et expressions compris s'étoffera petit à petit.
- en répétant souvent les mots pour que l'enfant se les approprie : répéter les mots permet de consolider leur compréhension.
- en le stimulant par des jeux de "coucou" ou de "bravo" : ils permettent d'associer du plaisir à tous ces efforts de compréhension et renforcent leur désir de communiquer.
- en lui faisant découvrir des comptines ou autres petits jeux verbaux et des livres : les comptines aident à développer son écoute et on peut favoriser leur compréhension à travers des jeux de doigts. Les livres, notamment ceux à structures répétitives, permettent de favoriser la compréhension des mots et l'enfant peut y reconnaître des phrases de son propre vécu.

A côté de tout cela, il faut continuer les petits exercices pour apprendre à associer les objets à des mots (Ils sont expliqués ici : Compréhension du langage (1)).

Pour pallier ce décalage entre compréhension du langage et langage parlé, je ne peux que conseiller de mettre en place un mode de communication alternatif. Je fais bien sûr allusion au PECS.
Par Magalie
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Mardi 6 janvier 2009
L'enfant dès son plus jeune âge possède une palette de sons dans ses gazouillis. Les ressemblances avec les sons qui l'entourent s'accentuent petit à petit, en rapport avec la compréhension de l'environnement qu'il a. L'enfant autiste, lui, ne comprend pas si facilement le monde qui l'entoure et peut avoir besoin de codes. Son langage oral va donc se développer à partir d'éléments porteurs de sens pour lui.
Les premières fonctions de la communication sont refuser (par exemple, faire non de la tête) et obtenir ce qu'on demande. L'enfant rentre donc dans la communication quand il peut faire savoir ses besoins et ses désirs.

Pour pallier l'absence de développement du langage chez l'enfant autiste, il existe le PECS mais aussi le Makaton.
Le PECS est un système de communication par échange d'images. Son objectif est d'apprendre à l'enfant à faire spontanément une demande en s'approchant d'un adulte et en lui donnant une image en échange de l'objet désiré représenté par l'image.
Les 6 étapes du PECS sont développées sur le site : PECS France.
Le Makaton est un programme d'aide à la communication et au langage qui est constitué d'un vocabulaire fonctionnel utilisé avec la parole, les signes et/ou les pictogrammes. Il offre une représentation visuelle du langage qui va faciliter sa compréhension. Les signes sont issus de la LSF.
Le vocabulaire de base est structuré en plusieurs niveaux progressifs. Pour en savoir plus : Makaton.

Le B.A.-ba dans l'apprentissage de ces modes de communication alternatifs est la coopération. Alexandre apprend à coopérer avec la méthode ABA. Ensuite on peut travailler sur les 2 points suivants :
- l'association objets/images : ce travail est important pour apprendre à l'enfant à associer un objet et son image. Il ne faut pas brûler les étapes et faire dans cet ordre : d'abord l'association d'objets identiques, puis l'association d'images identiques, enfin l'association d'objets et de leurs images. La dernière étape devient essentielle lorsqu'on arrive à la phase 3 du PECS.
- le regard et l'imitation : pour apprendre à reproduire les mêmes gestes, l'enfant doit avoir le regard soutenu au moins 5 secondes, d'où l'importance de travailler le regard. Quant à l'apprentissage de signes, il va forcément se faire par l'imitation. L'imitation qui est naturelle chez les enfants dits "normaux" doit être travaillée chez les enfants autistes qui sont souvent déficients dans ce domaine. Il faut donc travailler l'imitation gestuelle et l'imitation avec des objets ou des jeux, puis l'imitation verbale.

Chaque enfant est différent, certains vont être plus à l'aise avec le PECS, d'autres avec le Makaton. Tester les 2 programmes permet de voir celui avec lequel ils ont le plus de facilités.
Dans tous les cas, le PECS et le Makaton ne ralentissent pas le développement de la parole. Ils permettent d'augmenter la quantité et la qualité de la communication et génèrent l'apparition du langage parlé.

Avec Alexandre j'ai mis en place le PECS à la maison et il offre vraiment des possiblités énormes. Alexandre est à l'initiative de ses demandes et se sent compris, ce qui est gratifiant pour lui et augmente sa confiance en lui. Je lui fais aussi beaucoup travailler l'imitation mais c'est très difficile pour lui. Je n'ai cependant pas développé le Makaton avec lui car cela demanderait beaucoup de travail personnel de ma part, mais je lui montre néanmoins quelques signes simples. Son orthophoniste travaille aussi avec le Makaton, je vais donc lui déléguer ce travail.
Qui a dit qu'un enfant autiste non verbal ne peut pas communiquer ?
Par Magalie
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